mardi 12 décembre 2017

Se réchauffer sans se ruiner

Hiver, hiver te voilà !

C'est bien joli la neige, mais soyons d'accord, en hiver, et bah... On se les caille bien ! Et l'équitation étant déjà de base un sport pas hyper low cost, s'équiper comme il se doit quand il fait -90 000 °c, ça révèle parfois de l'exploit.
Enfin, ça, c'est ce qu'on croit. Parce que certaines petites astuces permettent d'avoir bien chaud sans exploser son PEL...

Fabrique ton couvre-reins !

On est bien d'accord, 90% des couvres reins, c'est un tissu polaire et un scratch. Certes, il y a parfois quelques jolies finitions, mais bon, ça n'apporte rien de plus, comme fonctionnalité. Et ça coûte quand même minimum 30€. Minimum.  Alors pourquoi ne pas le fabriquer vous-même ? Je vous propose un DIY ultra-facile pour vous fabriquer un couvre-reins à moins de 5 euros ! Avec Bingo, on a testé, et approuvé ;)

Une couette pour poney

Poney est au box, il a sa petite polaire, tout va bien... Mais PAF, la nuit prochaine, les températures baissent à - 600 000°c ! (ouais, carrément.) Racheter une couverture de box à 60€ en toute urgence ?
Vous avez certainement déjà vu la super-sous-couverture Kentucky. Elle est sûrement bien ! Mais, toujours dans l'optique de garder son PEL, il y a une astuce...
Une couette (oui, pour humains), d'environ 200*140cm, fait parfaitement l'affaire. Hop, sur le dos de poney, on met la polaire par dessus, on rabat le devant, et c'est partit pour la nuit ! Pas cher, hein ? (surtout que chez Ikéa, il y en a une à moins de 4€)
Mais la grande question : est ce que ça tient ? Ayant vu cette technique chez des écuries Suisses et Anglaises... Et bien, ça ne bouge pas. Et si poney est au pré, c'est faisable également, à condition d'avoir quelques notions de couture pour placer au bon endroit un scratch à l'avant et fixer un système d'attache aux épaules pour ne pas que la couette dépasse à l'extérieur. Mais en soi, rien d'impossible.

Les bootny, c'est la vie

Pour nos petons, on connait tous les bottes en caoutchouc fourrées que l'on retrouve en sellerie. Et qui ne sont pas toujours données, pour un résultat douteux. Personnellement, entre l'apport de chaleur discutable et le manque d'imperméabilité, je ne fais plus confiance à ce genre de modèles ! Pourtant, il y a une solution toute simple... Les après-skis ! Imperméabilité et chaleur au top, ils ne me quittent plus. Et le confort, en plus.
Pour traîner aux écuries, ce type de modèles suffit amplement. Mais si vous voulez "investir", si je puis dire, ou si vous travaillez tout l'hiver dehors, je vous conseille de partir sur ce type là avec une vraie semelle pour marcher des kilomètres et maintenir un peu plus la cheville.
Personnellement, j'utilise le premier type pour mes après midis à chouchouter poney, et je les troque contre mes bottes juste avant de monter. Le second modèle, je l'utilise quand je bosse toute la journée dehors, et je monte même parfois avec ! (sachant tout de même que j'ai des étriers à coques)
C'est donc testé et approuvé... Et quand je dit testé, c'est un hiver entier, 6j/7, 8 heures par jour. Donc bien testé.

Les gants de ski aussi

Dans les même registre, il y a nos mains qui finissent souvent congelées. Et pour ça, il y a des gants d'hiver ! Je l'avoue, étant un peu addict aux gants, j'en ai toute une collection pour les mois d'hiver. Mais si vous, vous n'êtes pas hyper fan, et que vous voulez quand même garder vos doigts cet hiver, il y a une parade : gardez vos gants fins pour monter, et optez pour des gants de ski à l'écurie ! C'est tout simple, mais ça sauve la vie. Fini les doigts bleus, pas besoin de finesse pour brosser et leur imperméabilité vous autorise à tester les abreuvoirs sans finir trempé.

Maintenant, plus de soucis pour rester en vie durant ces mois glacés !

Article réalisé pour le calendrier de l'avent équestre.

lundi 4 décembre 2017

Onguent d'hiver maison


Hello les chats !

En hiver, les pieds de nos chevaux sont mis à rude épreuve : entre boue, litières souillées et froid, il faut souvent être vigilants quant à la qualité des fourchettes et de la sole de nos loulous.
Et quand le besoin de fait sentir, il y a deux solutions : utiliser des produits tout faits ou fabriquer les nôtres !
Dans le premier cas, l'avantage principal est la facilité d'utilisation du produit prêt à l'emploi. Seulement, ces produits sont parfois coûteux et leur composition pas toujours très saine. Dans le second cas, on choisit des ingrédients de qualité, mais le résultat est parfois aléatoire : dosages pas toujours bons, ingrédients peu adaptés...

Aujourd'hui, je partage avec vous mes deux recettes principales d'hiver, testées et approuvées par les petons de monsieur Bingo !

Onguent hydratant et assainissant


Comme je l'avais expliqué dans un précédent article, en hiver, les pieds de Bingo restent plutôt secs. C'est pourquoi, même en période humide, je préfère utiliser des produits hydratants plutôt qu’asséchant. Pourtant, comme hiver au pré rime souvent avec bouillasse jusqu'aux boulets, j'ai ajouté à ma recette d'été quelques ingrédients assainissants pour lutter contre les champignons et autres saletés responsables du pourrissement de la fourchette.

Ingrédients (Les doses sont des tasses type tasse à café) :
- 2 doses d'huile de coco (hydratant)
- 1 dose d'huile de ricin (hydratant, stimule la pousse)
- 1/2 dose d'huile de neem (antibactérien, nourrissant)
- 1/2 dose de vinaigre de cidre (antifongique)
- Quelques gouttes d'HE de Tea Tree (une vingtaine pour un onguent préventif)

J'utilise cet onguent en préventif, lorsque les sols sont détrempés. Les pieds de Bingo restent bien hydratés, sains, et l'onguent est facile à utiliser. Si les pieds de votre cheval ne sont pas secs, vous pouvez remplacer l'huile de coco et de ricin par de l'huile de Laurier.

Pâte pourriture de la fourchette


Si la fourchette commence à se déteriorer, j'utilise une pâte que je réalise minute. Les doses d'HE sont beaucoup plus conséquentes et je n'applique le produit que sur la fourchette.

Ingrédients (les doses sont des cuillères à café) :
- 1 dose d'argile blanche (purifiant)
- 1 dose d'huile de cade (antifongique)
- 1 dose de vinaigre de cidre (antifongique)
- 10 gouttes d'HE de Tea Tree (purifiant)

Je l'applique directement sur la zone touchée. L'argile fera "pansement" le temps que les huiles agissent.

Les doses sont données à titre indicatives : il ne faut pas hésiter à les modifier si la texture vous parait bizarre ! Comme les huiles ne se valent pas toutes en terme de texture et de qualité, les résultats peuvent légèrement différer.
Pour un mélange plus homogène sur la première recette, le mieux, c'est de chauffer les huiles à la poele. La texture sera alors très liquide, il faudra donc laisser l'onguent refroidir pour l'utiliser.
Pour la seconde recette, interdiction d'utiliser des ustensiles en métal ! Cela nuirait à l'efficacité de l'argile.
Enfin, les doses d'HE peuvent également varier selon les compte-gouttes.

Voilà voilà, mes recettes ne sont pas professionnelles, mais elles me sont bien utiles et j'espère qu'elles vous serviront également !
Je précise également que j'utilise mes petites recettes uniquement en préventif : en effet, si la fourchette est sévèrement pourrie, si mon cheval souffre, je préfère utiliser un produit moins naturel mais plus efficace. Après, c'est un choix.

Bon hiver dans la bouillasse !

Article réalisé pour le calendrier de l'avent équestre.

jeudi 16 novembre 2017

Dans la peau d'un dermiteux : Dermo Cade

Hello tout le monde !

Aujourd'hui, je vous présente un article un peu original, un peu WTF, mais un peu sérieux quand même. Voici l'intro qui ne sert à rien.
Quel cavalier n'a jamais voulu parler cheval ? Quel cavalier n'a jamais voulu se mettre dans la peau de son cheval, pour comprendre son ressenti, son réel avis ? Et bah voilà, je me suis mise dans la peau d'un dermiteux. Etrange ? Un peu.

Bref, voilà le contexte. Il y a un mois, j'ai été malade. Mais vraiment. Grosse angine qui m'a clouée au lit, pendant plus d'une semaine, et d'autres symptômes peu glamours comme un eczéma qui a élu domicile dans mon crâne. SO SEXY !
Le soucis, c'est qu'un mois après, l'état de mon cuir chevelu s'est empiré ! En gros, depuis 3 semaines, les démangeaisons sont telles que je me réveille la nuit en me grattant, je m'arrache littéralement la peau et parfois même, je sens le sang couler le long de mes cheveux. Vous imaginez bien ma douleur ? Je vous l'avais dit, c'est glam' !

On m'a alors conseillé de nombreux produits, dont des shampoings pour le psoriasis, l'eczéma, l’éradication des squames, des pellicules... Bref, j'ai investit dans de coûteux shampoings qui se sont avérés peu efficaces. Alors certes, ils agissent peut être sur le long terme, mais concrètement, j'avais besoin d'un action IMMÉDIATE tant la situation était insupportable.

Et puis, étant cavalière, je me suis rendue compte que ma situation ressemblait étrangement au cas de la dermite estivale. Squames, eczéma, démangeaisons sévères, saignements... Nos pauvres dermiteux ne sont-ils pas dans le même cas que moi ?

J'ai donc une une étrange idée (ou pas)

Je vous avait parlé il y a quelques temps de la box Equibao que j'avais reçue. A l'intérieur, un shampoing Dermo Cade que je n'avais pas utilisé, étant donné que ni Bingo, ni ses copains de prés ne sont atteint de Dermite. Ce shampoing, composé essentiellement d'huile de Cade et de protéines de soie est pourtant intéressant ! L'huile de Cade étant un composant ayant fait ses preuves en matière d'éradication des squames, je me suis dit "pourquoi pas ?".
Alors voilà, oui, j'ai utilisé un shampoing pour chevaux.


Première étape, faire entrer cet étrange shampoing dans ma salle de bain !
L'odeur est... Particulière. Ca ne pue pas au point de tomber dans les pommes, mais quand même, c'est pas super glamour. Disons que si vous comptez prendre votre douche avec votre chéri ou que vous avez un rencard juste après, c'est pas l'idée du siècle.
Concernant la consistance, c'est très liquide ! Pas hyper pratique car on perd beaucoup de produit.

Bon, je l'applique sur mes cheveux mouillés. Une première application n'est pas terrible, ça ne mousse pas. Il faut dire que ce pauvre shampoing a pour mission de nettoyer le sang séché collé à mes cheveux (le glam ne nous quitte pas). Le deuxième shampoing par contre mousse BEAUCOUP ! Je le laisse poser quelques minutes (c'est super agréable, ça soulage instantanément) puis je rince. 

Le PH des chevaux étant plus acide que celui de l'homme, ce shampoing l'est aussi, j'avais donc un peu peur pour l'état de mes cheveux après ça. Mais une fois secs, un constat : mes cheveux sont doux, légers et brillants. Pas de soucis là dessus !

Et surtout... Une journée et une nuit après, les démangeaisons ont nettement diminué. J'ai passé la nuit sans me gratter, sans m'écorcher, et le sang n'a pas coulé.

Alors, certes, je ne suis pas un cheval, et je n'ai pas de dermite. Mais je l'affirme, ce shampoing soulage efficacement les démangeaisons.
Je ne sais pas si il soignera la dermite, mais si il fait du bien à votre pauvre loulou, bah, c'est cool. (C'était la conclusion la plus inutile du monde).

Convaincus ?


UPDATE !


Un peu plus d'une semaine après, et le pot fini, je peux désormais donner mon avis complet sur ce shampoing-poney...
Après des semaines à l'arracher la peau, mon problème a été résolu en... 6 jours ! Miracle ? Et bien écoutez, je ne sais que dire... J'étais persuadée que ça allait marcher, mais à ce point, je suis bluffée.
Au bout du deuxième shampoing, ma peau n'était déjà plus à vif. Au troisième, plus de squames (sortes de grandes pellicules). Au quatrième, plus rien, mon cuir chevelu était réparé.
Aujourd'hui, il est encore fragile, mais tout es cicatrisé. Les démangeaisons sont quasi inexistantes et je dors enfin sur mes deux oreilles !

PS : Je retire ce que j'ai dit sur l'odeur. Extrait d'une petite conversation en soirée :
- Tu as une cheminée chez toi ?
- Non, je vis en appart, pourquoi ?
- Tu sens... Le feu de bois
Ca va, le feu de bois, ça ne pue pas. Donc ce shampoing n'est pas si désagréable que ça, finalement !

Merci Equibao !

lundi 6 novembre 2017

Ai-je progressé ou... Régressé ?


Bonjour à tous !

Comme vous le savez, j'aime bien raconter mes petites histoires, mes petites anecdotes... A l'image de ma pause forcée, je vais aujourd'hui aborder un sujet un peu compliqué pour moi, que j'ai encore du mal à assumer.

Récemment diplômée, je suis désormais apte à donner des cours, et mes aptitudes équestres sont officiellement reconnues. Pourtant, la vision de mon équitation, mon niveau, mes éventuels progrès... Tout cela a été confus jusqu'à quelques jours seulement.

Comme vous l'aurez compris, j'ai été l'année dernière en formation équestre. Et qui dit formation dit pratique quotidienne, et ce, plusieurs heures par jour. Les progrès devraient être fulgurants, n'est ce pas ? Pourtant, il n'en est rien. A vrai dire, à certains moments, j'avais même honte, que l'on me voie monter. Je n'assumais pas mon équitation. Il m'aura fallu beaucoup de recul pour comprendre ce qu'il se passait.

(Article rédigé dans le cadre de la Cavalcade des blogs, sur le thème de la progression, lancé ce mois-ci par Les Super Cavaliers)

Mon équitation, avant.

Avant mon entrée en formation, mon équitation était plutôt classique. J'avais apprit à monter en centre équestre et étais cavalière depuis une bonne douzaine d'années.
Bien que ma position n'ai jamais été parfaite, elle était loin d'être affreuse mais surtout, je connaissais mes défauts : bassin mal positionné qui entraînait des épaules légèrement en avant, pieds en canard. Je connaissais aussi mes qualités : bonne assiette (dans le sens où je tiens à cheval), regard toujours panoramique.
Concernant mon efficacité à cheval, j'avais la chance d'avoir une main plutôt juste mais des jambes manquant d'efficacité, un bon "feeling" mais beaucoup de raideurs notamment dans le haut du corps. Bref, une cavalière avec ses qualités et ses défauts, mais surtout, je savais me situer.
De plus, je pouvais ajouter à ça une expérience personnelle en équitation d'extérieur, ayant la chance de participer depuis mon enfance à des rallyes et randonnées tous les étés. Etant également très intéressée par l'éthologie scientifique mais aussi par les nombreux ouvrages d'équitation comportementale, de grands maîtres, de cavaliers... Bref, ces annexes enrichissaient mon équitation.

2015 Photo non représentative, puisqu'à l'arrêt en remise des prix... Mais j'ai peu de photo nettes de cette époque


Le grand chamboullement

Ces acquis ont, très rapidement, été chamboulés dès mon entrée en formation. En effet, l'équitation que l'on nous a enseigné fut très, très, très comportementale. La plupart des principes de l'équitation classiques étaient vus, abordés différemment. Alors des contradictions flagrantes sont apparues :
- Rentre tes pointes de pieds ? Sors tes pointes de pieds ?
- Contact constant ? Zéro contact ?
- Ouvre les genoux ? Serre les genoux ?
Chaque méthode avais ses arguments, et la plupart du temps, tous étaient valables. Alors, à force d'appliquer ici une telle équitation, et là une autre, j'ai eu la sensation, je pense légitime, que ma position s'est altérée.
J'ai commencé à avoir la jambe en avant. Puis, à regarder par terre. Mes épaules sont passées devant. J'ai rebondit dans la selle.
Certes, je n'étais pas revenue débutant, mais quand on aspire à enseigner, comment assumer de tels défauts ?

Comprendre le changement

Suite à ma pause précédemment citée, mais défauts se sont accentués, mais ceux là, je les ai tout de suite compris. En effet, après avoir vécu deux accidents en un peu plus d'un an, les problèmes physiques ont repris le dessus, à savoir un déplacement du bassin, un genou bloqué et un déplacement cervical.
Mais surtout, j'ai repris l'équitation avec l'aide d'un moniteur qui m'a redonné mes sensations, sans juger ma position. Et après certaines séances mémorables, j'ai comprit.
Oui, ma position s'est détériorée, c'est indéniable. Les conseils que l'on me donnaient, que je les connaisse depuis toujours ou qu'ils soient nouveaux sont différents, parce que nous le sommes tous. Physiquement, certaines choses que l'on m'a toujours enseignées, me sont impossibles à réaliser. Il en va de même pour les nouveaux. Il y a du bon à prendre dans chacun, il ne me reste plus qu'à trouver ce qui me convient. Et qu'importe, que je sois moche à regarder, tant que je ne gène pas mon cheval, et que je reste efficace ?
Surtout, ces enseignements qui n'ont pas été bénéfiques pour ma position, se sont avérés miraculeux pour d'autres choses... Mes jambes ? Elles sont aujourd'hui, bien plus efficaces qu'avant.
J'exécute désormais des exercices qui m'auraient parus impossibles avant. Ma formation m'a aidé à comprendre beaucoup de choses et a contribué à éduquer mon poney. Je n'ai plus peur de sauter sans rênes, de faire du cross sans étriers, de lâcher mon cheval.

Je n'ai pas régressé. Mon équitation a changé.

Et vous savez quoi ? Je tiens encore mieux à cheval (en témoignera Bingo, spécialiste du demi-tour cabré inopiné)
Septembre dernier. Epaules crispées, bassin bloqué, jambe en avant... Je n'assume pas du tout cette photo mais... Je la publie quand même car il faudra bien que je l'assume un jour !

jeudi 12 octobre 2017

Onguents, baumes et autres graisses

Bonjour à tous !

Cet article est en fait une explication d'une future vidéo... Mystère mystère ! (Enfin, indice dans ma dernière vidéo)
Bref, j'arrête de faire des cachotteries et j'en viens au fait.

Comme vous l'avez sûrement remarqué, Bingo est pieds nus. Pieds nus par conviction, besoin, et parce que voilà. Oui, voilà.
Mon rapport aux pieds nus est assez simple : je ne fais pas la chasse aux sorcières aux fers, mais si on peu s'en passer, et bah tant mieux.

Et qui dit pieds nus dit entretien ! Parage régulier, coup de râpe encore plus régulier, etc... Mais venons en au sujet du jour : onguent or not onguent ?

Je ne suit pas de méthode particulière, pour la simple et bonne raison que j'ai été "formée" (si on peu appeler ça comme ça, des interventions de professionnels au court de ma formation, des stages...) par des pratiquant de méthodes très différentes, desquelles j'en ai tiré du bon et du moins bon.
Selon PEL, l'hydratation vient de l'intérieur, et donc, de l'alimentation. Onguents inutiles.
Selon Strasser, les chevaux mettent naturellement les pieds dans l'eau dans la nature. Donc flaques d'eau/douche/bains de pieds en cas de corne sèche.
Selon beaucoup de maréchaux, c'est un corps gras qui vient aider l'hydratation de la paroi externe. Donc onguents/graisse/baume, peu importe le nom qu'on leur donne, ce sont des corps gras.

Qui croire ? Personnellement, j'ai décidé de croire les pieds de mon poney...

Une chose est sûre, c'est que bien que des exceptions existent, les pieds des chevaux se sont adaptés à leur environnement : plus secs en été qu'en hiver, et certaines races plus disposées que d'autres à avoir les pieds souples, d'autres à avoir les pieds secs. La faute à des milliers d'années d'adaptation à leur milieu naturel ! Ainsi, un Arabe aura plus tendance à avoir le pied sec qu'un Selle Français. Attention, je parle bien là de tendance, mais pas de généralité, ni d'obligation. Notre petit Arabe pourra très bien s'adapter au climat Normand, et inversement...
Je m'égare ! Bingo est un poney issu de croisement Selle Français et Camargue. A première vue, pas de soucis particuliers de pieds... Oui mais attendez... Les camargues ne vivent-ils pas les pieds dans l'eau normalement ?



Je ne saurais dire si c'est une coincidence ou non. Toujours est-il que même en Bretagne, même en hiver, Bingo a la corne sèche. Je ne parle pas de la sole, qui ma foi est solide et épaisse, et lui octroie donc un confort non négligeable même sur les cailloux...
Je parle de la paroi externe : Elle casse, se fendille, part en seime (non profonde !).
J'ai exploré plusieurs pistes. Alimentation ? CMV ? Parage ?
Même le complément Hilton Herbs "Sabots et santé" n'a pas eu d'impact sur cet aspect. Même un coup de râpe hebdomadaire pour chanfreiner n'a pas pallié à ce soucis. Après avoir tatonné plusieurs mois, une idée m'est venue : et si je graissais ?

Pour certains, c'est évident ! Mais quand on est pieds nus, pas forcément.
N'étant pas vraiment au courant des produits efficaces et ne voulant pas investir dans quelque chose dont l'efficacité me faisait douter, j'ai opté pour l'huile de chez Fouganza. Très clairement, avec seulement une application par semaine, j'ai vu une vraie amélioration de l'aspect de la corne. En revanche, pas de changement pour les mini-seimes.
J'ai ensuite eu l'occasion de tester la Kerafeet Oil de chez Equibao. Et là, honnêtement... Révélation ! En moins d'un mois, la qualité de la paroi externe s'est métamorphosée, et les seimes ont été atténuées.
Mais bon, cette huile a un coût. Au début de l'été, j'ai donc tenté une recette maison... Qui m'a convaincue !

Après un an de tâtonnements, je vois enfin des progrès sur les pieds de mon poney. Alors je suis toujours contre l'utilisation de certains produits (goudron, graisse animale...). Mais désormais, je considère qu'à l'alimentation, les conditions de vie et le parage, on peut ajouter l'utilisation de graisses pour améliorer l'état des pieds de nos chevaux !

(Les photos sont là pour l'illustration mais ne correspondent pas à un avant/après... Car je n'ai pas pensé à le faire !)